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L’état de la radio serait critique au Zimbabwe

Les stations luttent pour résister à la baisse de la publicité dans une économie en crise

Par John Masuku

HARARE, Zimbabwe — Une étude récente du paysage de la radiodiffusion au Zimbabwe montre que, bien que des progrès aient été réalisés, une croissance est encore nécessaire en termes de couverture du signal, de licences et de disponibilité des nouvelles et de l’information.

Patience Zirima, directrice exécutive de Media Monitors, lors du lancement du rapport sur l��état de la radio à Harare en avril.

En avril, Media Monitors a publié l’étude « Radio Landscape au Zimbabwe : un rapport de Media Monitors sur la typologie de la radio au Zimbabwe », qui a révélé que la radio diffuse aujourd’hui de la musique pendant 57 % du temps, avec une réelle insuffisance de bulletins d’information ou d’actualités pour les auditeurs. Les publicités et les programmes sponsorisés représentent 7 %.

Media Monitors, une organisation qui vise à « promouvoir la liberté d’expression et le journalisme responsable au Zimbabwe », a également noté que la plupart des stations à l’échelle du pays ont encore besoin de renforcer leur portée et leur qualité afin d’améliorer leur couverture, en particulier dans les zones rurales.

Couverture géographique

L’étude a révélé que toutes les stations affichent des tendances similaires en programmation, avec une part prépondérante de la musique, suivie par les talk-shows ou interventions par téléphone et que, malgré les 16 langues officielles du pays, la plupart des rares bulletins d’information ne sont diffusés qu’en anglais, shona et ndebele.

Commandé en mai 2016, le rapport a porté sur quatre radios du radiodiffuseur d’État Zimbabwe Broadcasting Corp. (SFM, Radio Zimbabwe, Power FM et National FM), et deux stations nationales privées en accès libre, Star FM et ZiFM. Il incluait également Channel Zim, une autre chaîne satellitaire, qui émet depuis l’extérieur du pays et est reçue en accès libre via des décodeurs peu coûteux. Huit stations commerciales locales venant d’obtenir une licence n’émettaient pas encore lorsque l’étude a été réalisée.

En ce qui concerne la publicité, les résultats montrent que les annonces représentent seulement 2 % de la programmation radiophonique globale. Star FM, appartenant à Zimpapers, une entité gouvernementale, a le plus grand pourcentage de publicités avec 51 %.

« Les schémas publicitaires des stations individuelles reflétaient la situation globale. L’heure du petit déjeuner et les heures de pointe concentraient la plupart des publicités », précise le rapport. « Channel Zim a un modèle d’opération différent car il s’agit d’une station sans but lucratif. Pratiquement tout son contenu promotionnel vise à promouvoir les stations diffusant sur la chaîne, la menace imminente étant la décision du gouvernement visant à mettre en place des dispositions dissuasives sur la façon dont les stations non étatiques doivent être financées ».

La couverture géographique de la radio au Zimbabwe s’élève à 72,8 %, fluctuant d’une station à l’autre, avec Radio Zimbabwe qui est la plus accessible avec une réception à 95,8 %. La couverture de la capitale Harare et de la deuxième capitale Bulawayo s’élève à 100 %.

Au sujet de la réception, 54 % des personnes interrogées dans les 10 provinces ont déclaré qu’elle était bonne, 19 % ont déclaré qu’elle était mauvaise, alors que 27 % ont dit n’avoir aucune réception.

Les nouvelles et bulletins d’information représentaient 25 % de la programmation radio locale, la plupart des sujets concernant le divertissement.

Nécessité de progrès

En outre, le rapport a révélé que « le public de la radio s’exprimait seulement 8 % du temps. Power FM est la station la plus interactive car elle offre à ses auditeurs plus de temps d’antenne pour partager leurs points de vue. La participation se faisait principalement par des émissions de jeux, des émissions de messages d’anniversaire, de voeux et de demandes de chansons. Les auditeurs n’intervenaient pas beaucoup lors des programmes d’actualité et de discussion sur les questions sociales, dans lesquels on donnait la parole aux politiciens, aux experts et aux célébrités ».

En ce qui concerne l’accès aux informations et actualités, Channel Zim arrivait en seconde position pour la longueur des bulletins, tout comme SFM. VOA Studio 7 et Radio VOP, tous deux diffusant au Zimbabwe en utilisant des plateformes alternatives, offrent les bulletins quotidiens les plus longs à raison d’une heure et demi par jour.

Le rapport conclut par un appel à l’attribution immédiate de licences pour des stations de radio communautaires, qui, précise-t-il, desserviraient les citoyens des régions les plus reculées du pays. Il a également ajouté « qu’au lieu d’améliorer l’accès à l’information, l’introduction de stations de radio commerciales locales mettait en évidence des failles dans leur portée ».

En même temps, il existe actuellement un certain nombre d’initiatives de radios communautaires, telles que Radio Dialogue, CORAH et Patsaka-Nyaminyami. Ces stations sont prêtes à diffuser et sont actuellement en train d’affiner leurs compétences sur la plateforme alternative Channel Zim, en attendant une licence officielle.

Cependant, au moment de mettre sous presse, le gouvernement n’avait pas encore publié de calendrier pour les licences de radios communautaires dans le pays.

John Masuku couvre l’industrie depuis Harare, au Zimbabwe.

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